La Butinière rouge est une cuvée d'Anne de Joyeuse élevée en fût de chêne, pensée pour la garde et la table. L'élevage en barrique arrondit ses tanins et ajoute des notes torréfiées et vanillées à un fruit dense, pour un vin qui gagne à vieillir quelques années.
La Butinière est une cuvée haut de gamme d’Anne de Joyeuse, élevée en fût de chêne. On change ici de registre : ce rouge vise la garde et la gastronomie plutôt que le plaisir immédiat.
La gamme se décline aussi en blanc, avec La Butinière Chardonnay élevée en fût de chêne, et en grand format pour les tablées nombreuses, avec le Magnum La Butinière Rouge. Le magnum, par son volume, fait évoluer le vin plus lentement qu'une bouteille classique, ce qui en fait un format apprécié pour la garde.
L’apport du fût
L’élevage en barrique arrondit les tanins et apporte des notes torréfiées, de vanille et d’épices douces. Bien mené, il complète le fruit sans l’écraser, et donne un rouge dense et long, taillé pour la table.
Le bois agit de deux façons. Les pores de la barrique laissent passer une infime quantité d'oxygène, qui assouplit les tanins et stabilise la couleur. Le bois lui-même cède au vin des composés aromatiques, d'autant plus marqués que le fût est neuf et que sa chauffe, lors de la fabrication, a été poussée : vanille, pain grillé, café, épices. Un élevage réussi garde l'équilibre entre ces notes et le fruit du raisin, sans que le vin sente seulement la planche.
Un rouge de garde
Sa structure lui permet de vieillir plusieurs années en cave, où il gagne en complexité. Sur un millésime déjà installé, il révèle des arômes de sous-bois et de cuir.
La garde se fait couchée, dans l'obscurité et au frais, avec une température aussi constante que possible. On goûte une bouteille de temps en temps pour suivre son évolution : quand le fruit s'estompe au profit des arômes tertiaires de cuir et de sous-bois, le vin atteint sa maturité, et il est temps de profiter des bouteilles restantes. Pour comparer deux élevages sous bois de la région, le Domaine Lassalle fût de chêne rouge offre un autre point de vue.
À table
Il appelle un plat de caractère : une viande rouge, un gibier, un plat mijoté ou un fromage affiné. Carafez-le une heure s’il est jeune. Servez autour de seize à dix-sept degrés.
Une épaule d'agneau aux herbes, une côte de bœuf, un canard aux olives ou un plat en sauce mijoté longuement répondent à la densité du vin. Les champignons, cèpes ou girolles, soulignent ses notes de sous-bois quand il a pris un peu d'âge. Le carafage d'une heure, indiqué pour une bouteille jeune, peut être remplacé, pour un vin plus ancien, par un simple débouchage quelques instants avant le service, afin de ne pas fatiguer des arômes devenus plus fragiles.
Le millésime sur l'étiquette
Le millésime indiqué sur l'étiquette correspond à l'année de la vendange. D'une année à l'autre, la météo modifie la maturité du raisin, et donc le style du vin : plus solaire après un été chaud, plus frais après une saison tempérée. Avant d'ouvrir une bouteille ancienne, on lit son étiquette et l'on adapte le moment du service à son âge, plutôt que de suivre une règle unique.















